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Numéro 02 — Printemps 2026 — La littérature curiosa & l'érotisme dans la littérature
Serge Safran : « Une façon de chercher un sens à la vie » par Serge Safran

Rencontre

n°2 — juillet 2026

Serge Safran : « Une façon de chercher un sens à la vie »

par Serge Safran

Serge Safran sur la quête de sens à travers l'écriture et l'édition.

16 min de lecture

Sommaire de l'article

    « Une façon de chercher un sens à la vie en général et à la mienne en particulier. »

    Propos recueillis par Joseph Vebret

    Du Zanskar à Séoul prolonge le double trajet de Serge Safran, écrivain voyageur et éditeur pour qui le déplacement est d’abord une façon d’affronter ses failles et de chercher un sens à l’existence. Né en 1950, passé par Zulma avant de fonder Serge Safran éditeur, il s’est imposé comme un artisan discret, mais efficace du paysage littéraire, en défendant des écritures singulières et des littératures d’ailleurs. Les six récits de ce livre, tirés d’un journal tenu sur la route, du Ladakh à Séoul, composent l’autoportrait fragmenté d’un homme en fuite autant qu’en quête, où souffrance amoureuse, solitude disponible et curiosité pour le monde se répondent. Entre « choses vues » hugoliennes, compagnonnage avec le Voyage en Orient de Flaubert et détournement du journal intime, Safran y pousse l’exactitude du regard plus que la fiction, dans la continuité de son travail d’éditeur‑passeur, qui fait de chaque voyage un geste de lecture et de rencontre.

    — Votre titre dessine une trajectoire immense, Du Zanskar à Séoul. Au-delà de la géographie, ce grand écart relie aussi deux extrémités de votre existence : le silence minéral de l’Himalaya et la frénésie urbaine de la Corée. Pourquoi avoir choisi ces deux pôles pour baliser ce recueil de « choses vues » ?

    Une trajectoire à travers le temps bien entendu, car il n’est pas question d’aller de l’Himalaya jusqu’en Corée, même par des transports en commun, s’il en existait. Ces deux lieux géographiques, un « royaume » quasi abandonné (faisant partie de l’Inde) et une mégapole quasi futuriste sont tout simplement des repères de voyages effectués en solitaire, ayant fait partie de mon Journal sur une période qui correspond en effet à une quinzaine d’années. J’ai effectué d’autres voyages avant le premier donné ici (« De l’autre côté du Ladakh »), notamment de la France jusqu’au Shri Lanka (à l’époque Ceylan) alors que j’étais encore mineur, mais sans carnet de route, car en compagnie d’un ami, et je suis retourné d’autres fois à Séoul, mais il n’y avait plus la découverte d’un premier séjour.

    Ces deux pôles se sont imposés pour la publication comme celui du premier et du dernier récit écrits en cours de route, seul, pour la première fois, et comme si une certaine boucle qui devait s’accomplir l’avait été.

    — On traverse des climats et des époques très variés, de 1978 à 1993. Au-delà du mouvement perpétuel, quel est le ciment invisible qui relie ces fragments ? Cherchiez-vous la même chose au Zanskar qu’à Séoul ?

    Il est difficile de répondre à cette question car cela reviendrait à dire que ces fragments ont tous un point commun qui est de l’ordre d’une quête personnelle qu’on pourrait qualifier de spirituelle ou métaphysique. Une façon de chercher un sens à la vie en général et à la mienne en particulier. En allant le plus loin et le plus haut possible (en tout cas pour le Zanskar). Ce dont je me suis rendu compte, à coup sûr, c’est qu’ils correspondent tous à une fuite faisant suite à une profonde dépression éveillée par une séparation dans ma chaotique vie amoureuse, pour le dire simplement. Prendre de la distance par rapport à ce qui vous attache à un autre être, à un réel impossible à vivre, un arrachement douloureux que seul le dépaysement de ce qui nous est étranger peut éventuellement et provisoirement apaiser. On peut dire qu’à la source il y a souffrance et je pense que l’on écrit parce que l’on souffre, à tort ou à raison, c’est une autre histoire. Mais il y a une évolution en effet dans la quête qui est devenue peut-être progressivement moins primitive, du moins en apparence, et certainement plus culturelle.

    — Vous parlez de « détourner » votre journal intime. C’est un mot fort. Comment opérez-vous concrètement cette alchimie pour transformer une note prise sur le vif, destinée à soi-même, en une page de littérature offerte au lecteur ? Est-ce un travail de réécriture intense ou de montage ?

    Il y a détournement dès l’instant où les fragments publiés sont sortis de leur contexte puisqu’il y a nécessairement un avant et un après (enfin il faudrait vérifier car il m’est arrivé d’interrompre parfois l’écriture disons « régulière » de mon Journal). Les textes donnés dans Du Zanskar à Séoul ont tous été écrits sur place, en route, en mouvement, à la main, à part peut-être celui sur Séoul, à l’ordinateur, je ne m’en souviens plus, mais ça ne change rien. J’ai essayé, en les regroupant tous les six, d’expliquer brièvement par des textes intermédiaires ce qu’il pouvait y avoir comme liens entre eux. On y trouve des références, souvent inattendues, même de ma part, voire ce qu’on pourrait nommer des « correspondances » au sens baudelairien du terme. Il n’y a pas de montage ni de réécriture à part la mise au propre qui doit être faite dès l’instant où ces textes sont destinés à la publication. Ce n’est pas à moi de prétendre si c’est de la littérature ou non puisque n’y entrent ni imagination ni création. Tout est dans l’écriture et l’observation, qu’on peut appeler style si on veut, qui, lui, évolue au fil du temps plus ou moins à mon corps défendant. Enfin, pour être honnête, il y aurait à dire sur le premier texte le plus long qui a fait l’objet de trois versions différentes, la dernière étant pour le coup la définitive. Ce récit, disons ce carnet de route, a été écrit, au départ pour ne plus écrire (sous-entendu mon journal intime), c’est là un paradoxe qui serait long à expliciter et cela anticipe d’une certaine façon la question suivante.

    — Quand on publie des pages issues d’un journal, se pose toujours la question du secret, du « trop personnel ». Quels ont été vos critères de sélection, de coupe, de montage ?

    Pour moi il n’y a rien de trop personnel puisque c’est justement ce que je recherche, être au plus près de ce que je ressens, que je vois, que je vis. Je dois juste avouer que, dans la première publication de De l’autre côté du Ladakh, j’avais modifié les prénoms des protagonistes, notamment ceux d’un couple de trekkers belges, en oubliant par la suite les vrais pour certains d’entre eux, et j’avais gommé deux ou trois passages, par souci d’élégance, dirons-nous, qui concernaient des relations sexuelles que j’ai en fin de compte rétablies dans la dernière version. On dira qu’il y a prescription et au diable la pudibonderie ! On peut penser à partir de là, et avec le temps, que le réel devient fiction, et réciproquement.

    — Victor Hugo parlait de « Choses vues », un terme que vous reprenez. Ce déplacement du regard, de l’introspection pure vers l’observation du monde, est-il pour vous une manière de vous protéger, ou au contraire, une façon de mieux vous définir par ce qui vous entoure ?

    J’aurais tendance à dire les deux. J’ai mis beaucoup de temps, mais très longtemps, à comprendre que j’écrivais pour taire ce qu’il m’était impossible de dire, parce que c’était inconscient, ou tout simplement parce que c’est indicible, ce qui me poussait par ailleurs à rechercher chez les autres ce qui me paraissait les définir. Il est certain que la vision qu’on donne des choses nous définit, souvent à notre insu. Elle permet peut-être de se mieux connaître, à défaut d’être perçu différemment par des lecteurs qui ont une autre personnalité, d’autres conceptions, à la fois des « choses vues » et du mode d’expression qu’on peut appeler ou non littérature.

    — Quand Serge Safran l’éditeur se penche sur les manuscrits de Serge Safran l’écrivain, est-il un censeur impitoyable ? Avez-vous écarté des pages de ce livre parce que votre œil d’éditeur les trouvait trop impudiques ou fragiles ?

    À l’exception de l’exemple que j’ai donné, je n’ai aucune raison de pratiquer quelque censure que ce soit. En ce qui concerne les récits de voyage, je m’en rends bien compte en lisant en ce moment le Voyage en Orient de Flaubert (son Orient à lui, c’est le Moyen-Orient d’aujourd’hui), que, curieusement, je n’avais jamais lu, dont le regard tente de décrire sans porter de jugement, de donner à voir simplement, parfois bien sûr avec des références ou comparaisons qui sont propres à sa culture, et porte sur le plus petit détail comme sur des événements d’importance, que je pense avoir eu la même démarche. Sans me comparer à lui, même si je peux me penser modestement écrivain derrière mon masque d’éditeur. J’y ai trouvé des observations troublantes qui recoupent les mêmes que j’ai faites, comme celles par exemple de femmes qui fauchent le blé à la faucille et s’arrêtent pour le voir passer avec « avidité et étrangeté ». J’emploierais plutôt le mot de correcteur que de censeur. Et si je pratique des coupes, elles seraient plutôt d’ordre esthétiques que morales. Et s’il m’arrive de ne plus comprendre ce que j’ai pu écrire en certaines situations, il est préférable de couper. Mais je peux laisser aussi pour une question de rythme, de prosodie, de style en fin de compte. En poésie, tout n’est pas nécessairement compréhensible de prime abord.

    — En lisant ce livre, on perçoit l’homme qui aime les littératures d’ailleurs. Diriez-vous que Du Zanskar à Séoul est la clé de voûte qui explique vos choix éditoriaux passés et présents ? Est-ce qu’on édite les autres comme on voyage, par désir de rencontre ?

    Clé de voûte, je ne sais, en ce qui concerne les choix éditoriaux, mais il est vrai que j’avais déjà publié de la poésie liée aux voyages, Le Chant de Taïmannar, par exemple, déjà cité, et que j’avais aussi édité (plutôt en « dilettante ») dans la revue Jungle et, au Castor Astral, en autogestion à l’époque, des auteurs étrangers comme Robert Coover ou Zora Neele Hurston. Suite à mes voyages en Inde, on ne s’étonnera pas que j’aie édité pour la première fois en France (et donc en Europe) la première traduction complète des Kâma-sûtra du sanscrit et par la suite le Chârulatâ de Tagore… On pourra s’étonner davantage (et même y voir un signe) que la découverte sur la banquette d’un train de troisième classe en Inde d’un livre français abandonné des défuntes éditions Vrac m’ait guidé vers cette maison d’édition où j’ai publié mon premier récit de voyage. En revanche c’est d’avoir lu, et publié, Pauvre et douce Corée de Georges Ducrocq qui m’a entraîné d’une part à prendre l’avion pour Séoul et d’approfondir ainsi ma connaissance de la littérature coréenne jusqu’à avoir publié une vingtaine d’écrivains, classiques et contemporains, dont parmi les plus grands comme Hwang Sok-Yong, Yi Sang ou Lee Seung-U, et d’être le premier en France, dans un recueil collectif, à avoir publié Han Kang, une récente prix Nobel.

    Par ailleurs ce sont surtout les publications des essais d’Alain Buisine qui m’ont incité à me rendre à Venise armé d’une connaissance indispensable pour ne pas m’y sentir trop « touriste » et parfaire mon approche de cette ville mythique pour publier par la suite Nouvelles vénitiennes de Dominique Paravel, l’ouvrage collectif Casino Venier Venise ou rééditer le Carnet vénitien de Liliana Magrini… Mais nombreux sont les pays où je n’ai pas mis les pieds (Mexique, Serbie, Chine, etc.) où j’ai en effet voyagé grâce aux traducteurs et auteurs découverts par l’édition. Grâce leur soit rendue ! Et il va de soi, qu’à ces découvertes s’ajoute le plaisir de faire découvrir, avec parfois la volonté de défendre une littérature en danger, comme l’iranienne, en publiant par exemple Les Garçons de l’amour de Ghazi Rabihavi, en exil forcé à Londres depuis bien longtemps.

    — Le voyage ici n’est pas seulement contemplation, il est aussi fatigue, marche, corps qui s’use ou résiste. Votre écriture enregistre la modification de votre propre corps au fil des décennies. Écrit-on le monde différemment à 30 ans sur les routes du Pendjab et aujourd’hui ?

    Cette question comporte une certaine cruauté, car elle souligne à quel point l’écriture est aussi une activité physique. Elle est donc liée au temps, double cruauté. La seule compensation qu’on puisse trouver, c’est qu’elle bénéficie de l’expérience qui consiste surtout à trouver le mot le plus juste qui soit pour exprimer les « choses vues » – soit garder cette sorte d’émerveillement ou de terreur que l’on prête surtout aux enfants –, et, plus difficilement les « choses vécues », – soit atteindre cette sagesse que l’on attribue à celles et ceux qui savent encore distinguer dans la confusion des sentiments l’originalité, par la force des choses, du caractère proprement humain et à portée universelle que l’on garde au plus profond de soi.

    — Il se dégage de vos pages une mélancolie douce, une solitude qui n’est pas un isolement, mais une disponibilité. Vous évoquez l’amour « cherché dans l’absence ». Le voyage est-il pour vous le moyen le plus sûr d’apprivoiser cette solitude, voire de la rendre féconde pour la création ? Que vous apprend, rétrospectivement, ce livre sur votre propre trajectoire d’homme et d’écrivain ?

    Rétrospectivement, je me rends compte qu’il faut faire une distinction en ce qui concerne la conception que l’on peut avoir du voyage, qui n’a rien à voir avec le tourisme, bien entendu. S’il y a une évolution manifeste, que ce soit dans l’écriture ou la nature du contenu, dans le regroupement de ces six récits de voyage, puisqu’ils recouvrent une quinzaine d’années dans une vie, ils ont tous été rédigés dans une fuite plus ou moins désespérée d’une situation d’immobilisme ou de stagnation sociale et surtout sentimentale. Chaque récit est un premier voyage, une sorte de fin en soi. J’étais déjà allé en Inde, en Grèce, je suis retourné à Montréal ou à Séoul, mais dans d’autres conditions, avec d’autres motivations, accompagné ou pas, voyages dont on peut trouver quelques traces dans mon Journal, par la force des choses, mais qui ont un autre caractère, une autre finalité, et qui ne m’ont pas paru nécessairement destinés à une publication distincte ou autonome. Toujours par rapport à cette publication Du Zanskar à Séoul, j’ai davantage pris conscience qu’il y avait un avant et un après. L’avant cela a été un des plus beaux voyages de ma vie par la route (je n’avais pas conscience à l’époque, dans les années soixante-dix, celles des Chemins de Katmandou, d’appartenir à une génération privilégiée pour l’amour, la poésie, la découverte du monde qui était encore possible (Penseriez-vous aujourd’hui prendre un bateau sur la Mer noire, traverser l’Iran et l’Afghanistan par les transports en commun et arriver sain et sauf à Lahore ou Delhi ?). On en trouve une évocation, comme je vous l’ai dit, dans Le Chant de Taïmannar, paru en 1978. L’après a surtout été marqué par des voyages liés à des activités éditoriales, par exemple, à Montréal pour un numéro spécial de la revue Brèves sur « la nouvelle québécoise » ou à Séoul pour une conférence sur « Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? » ou un « Panorama de l’édition française ». Mais il est vrai que j’avais rapporté de mon voyage à Chypre un reportage non prémédité sur un peintre byzantin, le père Kalinikos… Une rencontre extraordinaire liée au voyage, mais qu’on peut aussi espérer faire à Paris ou Bordeaux si l’occasion se présente et si l’on reste disponible, écrivain ou pas.

    — Le journal est souvent le lieu des regrets, des projets avortés, des « brouillons de vie ». En publiant ces pages, avez-vous le sentiment d’avoir apaisé ces fantômes, ou simplement de leur avoir donné une forme littéraire pour mieux vivre avec eux ?

    Vu les fantômes qui me hantent, et depuis l’adolescence, pour reprendre le terme proposé, je suis loin d’être apaisé et pense ne l’être jamais. Si tel était le cas, je cesserais d’écrire, à savoir en ce qui me concerne de tenir un Journal, car je n’ai pas de prédisposition pour le romanesque, même si je m’y suis frotté deux ou trois fois par esprit de transgression. N’ai-je pas dans mes études de lettres bien lointaines consacré un mémoire au Dracula de Bram Stoker, qui s’y entendait en fantômes, un des romans les plus géniaux qui soient, avec, dans un autre genre, qui a priori n’est pas de la fiction au sens strict du terme, Histoire de ma vie de Casanova, qui lui s’y connaissait également en fantômes et en a même vécu, et de façon princière. Et je me dois de préciser que publier un livre, qui est désormais aujourd’hui à la portée de tout le monde, n’est pas pour autant une forme littéraire. On le voudrait bien, mais ce sont les lecteurs qui en décident, et surtout, le temps, et encore, avec beaucoup d’injustice.

    — Si ce livre est un autoportrait fragmenté, éclaté sur la carte du monde, quelle est la facette de vous-même que vous espérez que le lecteur retienne une fois la dernière page tournée ?

    Alors là je n’en ai aucune idée, et pour avoir déjà publié un long fragment de mon Journal, notamment L’année Alison ou comment survivre en amour à l’âge fatidique de 36 ans (aujourd’hui épuisé), j’ai pu faire l’expérience de plusieurs facettes aux caractères extrêmes en un temps où ne sévissaient pas encore les réseaux sociaux. En ce temps-là, à savoir 2006, on écrivait encore des lettres manuscrites, j’ai le souvenir d’en avoir reçu une d’un lecteur d’une trentaine de pages, mais les réactions pouvaient prendre d’autres formes, comme des menaces de procès, ou des témoignages à l’oral pas nécessairement des plus amènes. Quant à la parution de Du Zanskar à Séoul, moins problématique puisqu’il y est très peu question de sexualité, politique ou religion (le bouddhisme n’en étant pas une), toujours sujets à des incompréhensions ou des manifestations de haine, je peux vous citer un extrait d’un message reçu récemment qu’on pourrait considérer comme symptomatique : « J’ai lu, pour ma part, votre journal, qui m’a intéressée, sans doute au-delà du texte lui-même : le choix d’écriture que vous faites m’a laissée parfois perplexe quant à sa réception possible par les lecteurs. Mais, bon. Mon point de vue ne regarde que moi ! En revanche, mais c’est encore plus personnel, moi, j’ai aimé découvrir dans ce récit un autre “Serge”, avec une richesse de vie que j’ignorais. Et de ce fait, je lisais ce récit comme une redécouverte de quelqu’un que je croyais connaître, à partir du parcours, ou plutôt du morceau de parcours que j’ai fait dans ses romans (53 titres en commençant par Jab. Ce n’est pas négligeable !) » Quant à ceux qui ignorent mon existence, le plus grand nombre, encore plus comme éditeur, voire écrivain, je n’espère qu’une chose, c’est que la lecture de mes récits de voyage leur apporte un regard nouveau ou différent sur le monde et, dans le meilleur des cas, sur eux-mêmes.