On pourrait croire, spontanément, que Stéphane Mallarmé ‒ poète de l’« idéal » ‒ parle peu d’érotisme dans ses œuvres. Ce diagnostic est loin d’être fondé. C’est plutôt le contraire qui est exact. Très souvent, il est question, sous la plume du poète, de sexualité et de relations amoureuses. L’obscurité des textes laissés par Mallarmé nous empêche, bien sûr, d’appréhender immédiatement ce qu’étaient en pareil domaine son point de vue et son credo. En tout cas, pour ce que l’on arrive à décrypter plus ou moins en lisant ses œuvres, l’auteur d’Hérodiade apparaît comme une sorte d’anti-séducteur, voire de contempteur des relations physiques hétérosexuelles. À en croire les poèmes qu’il a laissés, Mallarmé semble rêver d’appartenir à un monde où, par exemple, les enfants seraient engendrés ‒ non par l’union charnelle d’un couple ‒ mais par des êtres hermaphrodites qui se reproduiraient, à l’issue de ce qu’il appelle des « nuits d’Idumée », sans qu’intervienne l’autre sexe (« Don du poème »). Il paraît aussi regretter, pour lui-même, que les poètes naissent d’une femme, fécondée par un homme, et non du ventre arrondi d’un instrument de musique, comme la mandore (« Une dentelle s’abolit / […] »). Il imagine enfin dans ses œuvres littéraires de faire disparaître les femmes au cœur de lointains glaciers où le désir masculin les poursuivrait vainement, de les engloutir dans les eaux, ou encore de les enfermer dans des miroirs, à l’abri des sollicitations et des assauts des hommes.
La correspondance et ses poèmes laissent apparaître, de surcroît, le culte qu’il rendait à la « pureté » féminine. On le voit notamment se reprocher avec amertume (dans plusieurs lettres datant de sa jeunesse) d’avoir défloré Marie Gerhard, sa future épouse, stigmatiser le « rite » du devoir conjugal (dans « Les Fenêtres »), réprouver de manière générale, chez les hommes, les diverses formes de la concupiscence charnelle, affirmer que, pour ce qui le concerne, il préfère ‒ aux seins réels des femmes de son temps ‒ le « sein brûlé d’une antique amazone » (« Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos, / […] »), aspirer à « [l]’insensibilité de l’azur et des pierres » (dans « Tristesse d’été ») et aller jusqu’à subordonner la possibilité même de la création poétique à l’interdiction ‒ que l’écrivain s’impose à lui-même ‒ de tout échange charnel avec une femme (dans « Angoisse »).
Semblables options sont à relier au culte de la virginité ‒ la virginité féminine, à tout le moins ‒ dont Mallarmé s’est fait le constant zélateur et qu’il a invité les femmes à considérer comme « le seul joyau véritable1 » auquel elles peuvent en ce monde prétendre. Toute femme, dans son imaginaire, est appelée à rester un « pur vase d’aucun breuvage » (« Surgi de la croupe et du bond / […] »). La thématique de la virginité est notamment au centre du poème Hérodiade, auquel l’auteur a travaillé tout au long de sa carrière littéraire. Hérodiade évoque la seule issue qui s’offre au désir que s’inspirent mutuellement les deux sexes : la jeune fille a éveillé la concupiscence de saint Jean ‒ et réciproquement, semble-t-il ‒, mais elle ne peut accepter ce désir que si l’homme qui la convoite meurt (« […] je recueille pieuse cet éclair et j’en ressors si belle mais par ta mort […] », dit-elle à la tête coupée de Jean qui la fixe2). La mort de saint Jean ouvre pour Hérodiade la voie vers la « gloire », ‒ celle de rester pure et inaccessible, et ‒ tout en étant, grâce à Jean, parvenue à la conscience d’être éminemment désirable ‒ de se trouver préservée, protégée pour l’éternité, serait-on tenté d’écrire, du « risque » d’être engagée dans une relation charnelle.
Il importe également de souligner que ces conceptions érotiques suggèrent que se déroule, dans le for intérieur de Mallarmé, un véritable combat. Peu d’écrivains, en effet, se sont montrés autant que lui assiégés par des images érotiques, en particulier quand celles-ci renvoient à la sexualité et à l’intimité féminines. Il a d’ailleurs avoué lui-même avoir écrit des poèmes aux contenus pornographiques voilés3. De surcroît, il n’y avait pas que le corps des femmes qui occupait obsessionnellement ses pensées. La création du journal La Dernière Mode témoigne aussi de la fascination de l’écrivain pour tout ce qui touche de près ou de loin à la psychologie des femmes, et aux domaines dans lesquels s’exprime cette psychologie : les vêtements, les parures, les bijoux, le soin aux enfants, la décoration et le confort des maisons, l’embellissement d’un cadre de vie, les « ouvrages » de dames, la cuisine, etc. Et on rappellera enfin que son œuvre littéraire évoque de façon récurrente des accessoires féminins (à preuve les poèmes qu’il a composés sur les éventails).
Mallarmé entendait que l’on admirât les femmes de loin. Dans cette perspective, seules s’offrent aux hommes, vis-à-vis de la gent féminine et de ses séductions, les ressources du rêve, de la littérature, et aussi de l’auto-érotisme (auquel l’œuvre du poète semble faire régulièrement allusion). Mais il serait faux de croire que l’érotique mallarméenne est uniquement faite de négation, d’interdiction et de mise à distance des femmes. Il ne s’agit pas pour notre poète de renoncer aux femmes, mais de fonder une érotique nouvelle, qu’on pourrait qualifier d’« idéale », et qu’il s’est employé à définir, ou à faire apparaître, dans certains de ses textes. On peut par exemple deviner quels voies et chemins il ménageait à l’Éros, en relisant « Le Nénuphar blanc », un de ses poèmes en prose4.
Ce texte voit l’auteur se mettre en scène : il a embarqué dans une yole5 et se promène sur un cours d’eau, avec le « dessein de reconnaître l’emplacement occupé par la propriété de l’amie d’une amie à qui [il] devai[t] improviser un bonjour6. » Si on comprend bien, le poète n’a jamais vu la dame vers la maison de laquelle il dirige son embarcation. Après qu’il eut ramé pendant un laps de temps qu’il ne précise pas, la yole est arrêtée par « quelque touffe de roseaux7 », à proximité d’un joli domaine installé au bord du cours d’eau. En fait, le narrateur se trouve précisément à l’endroit où il devrait quitter sa barque et remonter sur le sol ferme pour faire la visite qu’il s’est promis de faire, ou en tout cas qu’il semble bien envisager d’effectuer, du moins à ce stade du récit. Au reste, la dame paraît bien se trouver chez elle, puisqu’un bruit de pas se fait entendre, qui laisse espérer son apparition. Mais très vite le silence s’installe à nouveau, et le poète se met alors à l’écoute d’un second signal : cette attente le conduit à une rêverie érotique, qui l’amène ‒ de façon assez paradoxale, en apparence ‒, non à signaler sa présence et à saluer la dame, mais à rester dissimulé derrière les buissons qui occupent la berge, à renoncer à la rencontre et à repartir sur sa barque, sans même avoir été vu, et sans même avoir aperçu distinctement, semble-t-il, ni les contours de la silhouette, ni encore moins le visage, de cette « amie d’une amie ».
Quelle peut bien être la signification du « Nénuphar blanc » ? Il convient d’examiner de plus près ce petit récit. On n’est pas sans remarquer que la situation où il se trouve a tout pour plaire au narrateur, qui confie être attiré, une fois sa barque arrêtée à la hauteur de la maison de cette « amie d’une amie », par les caractères du lieu où il se trouve, ainsi que par les traits de personnalité que, d’après ce qu’il arrive à voir, il devine chez celle qui a choisi de vivre dans un pareil endroit :
Un joli voisinage, pendant la saison, la nature d’une personne qui s’est choisi retraite aussi humidement impénétrable ne pouvant être que conforme à mon goût. Sûr, elle avait fait de ce cristal son miroir intérieur à l’abri de l’indiscrétion éclatante des après-midi ; elle y venait et la buée d’argent glaçant des saules ne fut bientôt que la limpidité de son regard habitué à chaque feuille.
Toute je l’évoquais lustrale8.
Chacune des notations, dans ce passage, est à retenir et renvoie à des préoccupations et à une symbolique récurrentes chez Mallarmé. La dame fuit « l’indiscrétion éclatante des après-midi9 » dans un « miroir intérieur » créé par l’influence heureuse de l’environnement aquatique où elle vit et qui, sous la plume de notre poète, est par excellence un lieu où les femmes se trouvent à l’abri de la concupiscence masculine (comme on l’a rappelé, l’image de l’engloutissement des femmes dans les eaux, pour échapper aux hommes, revient à plusieurs reprises dans les poèmes de Mallarmé). Cette proximité qu’elle a choisie avec un cours d’eau permet au narrateur de se représenter cette « amie d’une amie » comme « lustrale », ‒ c’est-à-dire pure, purifiée, vierge, et vivant à l’écart des invitations sensuelles venant des hommes. Significativement, le mot « lustral » est lié au motif de l’eau (les eaux lustrales sont celles qui lavent d’un péché originel, comme lors du baptême chrétien). Il n’y a donc qu’une femme vierge (ou en tout cas une femme rendant aussi, comme le poète, un culte à la virginité10) qui peut avoir choisi de résider à cet endroit, dans cet environnement « aquatique ».
Caché par le feuillage, le narrateur se met à « souri[re] au commencement d’esclavage dégagé par une possibilité féminine ». Puis un « imperceptible bruit » se fait entendre : la dame est sans doute sortie de chez elle et doit être en train de se promener aux abords du cours d’eau, à proximité de l’endroit où se trouve le poète. Tout redevient ensuite silencieux, et celui-ci aimerait savoir pourquoi il n’entend plus rien. Ses méditations prennent alors un tour éminemment érotique, ‒ le jeu des pieds dans la marche ayant attiré l’attention du narrateur sur le bas de la jupe longue que porte sans doute la dame et suscité chez lui le désir de s’introduire, ou d’introduire à tout le moins son regard, à l’intérieur de ce vêtement :
Le pas cessa, pourquoi ?
Subtil secret des pieds qui vont, viennent, conduisent l’esprit où le veut la chère ombre enfouie en de la batiste et les dentelles d’une jupe affluant sur le sol comme pour circonvenir du talon à l’orteil, dans une flottaison, cette initiative par quoi la marche s’ouvre, tout au bas et les plis rejetés en traîne, une échappée, de sa double flèche savante11.
La rêverie érotique se prolonge, quand, en pensée, le narrateur adresse ensuite ces mots à celle dont on ne sait s’il faut la désigner comme « l’absente », ou la « trop présente », et que l’homme, toujours recroquevillé derrière la végétation qui couvre la berge, n’a pas encore vue :
« — À quel type s’ajustent vos traits, je sens leur précision, Madame, interrompre chose installée ici par le bruissement d’une venue, oui ! ce charme instinctif d’en dessous que ne défend pas contre l’explorateur la plus authentiquement nouée, avec une boucle en diamant, des ceintures. Si vague concept se suffit : et ne transgressera le délice empreint de généralité qui permet et ordonne d’exclure tous visages, au point que la révélation d’un (n’allez point le pencher, avéré, sur le furtif seuil où je règne) chasserait mon trouble, avec lequel il n’a que faire12. »
Le poète tient manifestement à ce que le trouble qu’il éprouve ne soit pas dissipé, et veut dans cet esprit continuer à ignorer les traits du visage de la dame, ‒ dont la révélation suffirait à le faire sortir de l’ensorcellement, ou de l’« esclavage », provoqué par cette « généralité » féminine. C’est donc assez logiquement qu’il se demande alors s’il va enfin se montrer, ou ‒ mieux ‒ s’il va plutôt rebrousser chemin sans que la rencontre ait lieu et sans qu’il ait même entr’aperçu la dame. Il est évident, déjà, que c’est la deuxième option qui va prévaloir :
Ma présentation, en cette tenue de maraudeur aquatique, je la peux tenter, avec l’excuse du hasard.
Séparés, on est ensemble ; je m’immisce à de sa confuse intimité, dans ce suspens sur l’eau où mon songe attarde l’indécise, mieux que visite, suivie d’autres, l’autorisera. Que de discours oiseux en comparaison de celui que je tins pour n’être pas entendu, faudra-t-il, avant de retrouver aussi intuitif accord que maintenant, l’ouïe au ras de l’acajou vers le sable entier qui s’est tu ! […].
Conseille, ô mon rêve, que faire13 ?
Que lui conseille le rêve, en l’occurrence ?
Résumer d’un regard la vierge absence éparse en cette solitude et, comme on cueille, en mémoire d’un site, l’un de ces magiques nénuphars clos qui y surgissent tout à coup, enveloppant de leur creuse blancheur un rien, fait de songes intacts, du bonheur qui n’aura pas lieu et de mon souffle ici retenu dans la peur d’une apparition, partir avec : […]14.
Ce vol, ou ce rapt, d’un nénuphar équivaut à l’évidence, dans le for intérieur du poète, à un viol symbolique, qui fait en quelque sorte aboutir les songeries provoquées par la « chère ombre enfouie en de la batiste et les dentelles d’une jupe », par « ce charme instinctif d’en dessous » (formule où « charme » doit être pris dans son sens magique d’« enchantement », ou d’« ensorcellement »), enfin par son désir de « [s]’immiscer à de sa confuse intimité [de la dame] ». Point n’est sans doute besoin de rappeler, à propos du nénuphar, que ce dernier terme est plus ou moins un équivalent de « nymphéa », et que « nymphe » a un sens anatomique, attesté depuis le début du xixe siècle. Il n’est donc pas question, pour le narrateur, de laisser deviner, par la dame, ni sa présence à lui, ni le rapt d’une « idéale fleur », déterminé par la rêverie érotique qu’on sait, et qu’elle a suscitée. Ainsi, le poète s’éloigne dans le plus grand silence et manœuvre son embarcation « tacitement, en déramant peu à peu sans du heurt briser l’illusion ni que le clapotis de la bulle visible d’écume enroulée à ma fuite ne jette aux pieds survenus de personne la ressemblance transparente du rapt de mon idéale fleur15. » Dans le fil de ce qui ressemble bien à une « divagation » (de façon significative, sans doute, « Le Nénuphar blanc » a été inséré par Mallarmé dans un recueil précisément intitulé « Divagations »16), la dame pourrait en effet, en distinguant ces traces d’écume, arriver à la conclusion qu’elle a été épiée par un individu aux pensées rien moins qu’éthérées et qu’elle a fait l’objet d’une sorte de viol métaphorique, attesté par le rapt d’un nénuphar blanc.
On voit apparaître, dans ce petit texte, quelques-uns des traits majeurs de l’érotique mallarméenne. Le narrateur a refusé de faire face à la situation où il découvrirait l’identité de la dame, et les traits de son visage. Celle-ci est restée à l’état de « généralité » (« un délice empreint de généralité »), de « possibilité féminine » : les particularités de sa vie personnelle se sont trouvées en quelque sorte anéanties, « vaporisées », et le narrateur était d’autant plus enclin à lui imposer cette éthérisation qu’elle vivait dans un environnement aquatique, donc particulièrement propice à une telle opération.
C’est par concupiscence, mais une concupiscence qui ne se veut que cérébrale, que le poète reprend sa navigation et s’éloigne, sans chercher à rencontrer, ni même à voir distinctement, la personne qui a suscité son désir et qui doit ‒ pour que le « charme » se prolonge ‒ demeurer aussi éloignée que possible de tout ce qui évoque la vie quotidienne, l’actualité, le temps présent (tous éléments constitutifs du « hasard », que cherche à abolir la poésie). Ce qui alimente le désir de Mallarmé, ce n’est pas de rechercher une femme particulière, mais de découvrir une féminité essentielle, qui peut fonder toutes les rêveries, et dont le pouvoir sur l’imagination érotique des hommes est mille fois supérieur, si on l’en croit, à celui que pourrait exercer une femme « identifiable ». Tout « délice » amoureux doit être « empreint de généralité », toute femme particulière est appelée à se transformer en une « idée […] suave », celle-là même avec laquelle sont susceptibles aussi de se confondre les fleurs, une fois dépouillées de leurs « calices sus », c’est-à-dire les calices existant dans la réalité17. ‒ Rien de plus mallarméen, donc, que cette érotique qui célèbre la possession cérébrale, intellectuelle ‒ par les hommes ‒, de femmes ainsi « vaporisées ».
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Voir « Le Mort vivant », dans les Contes indiens (St. Mallarmé, Œuvres complètes, éd. Bertrand Marchal, Paris, Gallimard / « Bibliothèque de la Pléiade », t. II, 2003, p. 913). Les « Contes indiens » de Mallarmé regroupent les réécritures de quatre récits qui figurent dans le volume des Contes et Légendes de l’Inde ancienne publié en 1878 sous la signature de « Mary Summer » [Marie Filon Foucaux] (Paris, Ernest Leroux).↩︎
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Voir St. Mallarmé, Les Noces d’Hérodiade, éd. Gardner Davies, Paris, Gallimard, 1959, p. 42 et p. 135.↩︎
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Dans Mes années chez Barrès, Jérôme Tharaud raconte une anecdote concernant un admirateur de Mallarmé, qui aurait demandé à celui-ci « des éclaircissements sur un de ses poèmes », et à qui notre auteur aurait répondu : « Cherchez, et à la fin vous trouverez une pornographie. Ce sera votre récompense. » (Paris, Plon, 1928, p. 114.) Autre témoignage intéressant, ‒ celui d’Alfred Mockel, rapporté par Robert Goffin : « Il [Mockel] me précisa que souvent les obscurités du poète ne pouvaient se traduire qu’à travers les soubresauts d’un érotisme refoulé. Il me confia que le pouvoir magique du poète n’était qu’un don miraculeux de transmutation qui lui permettait de magnifier et de diviniser, à travers des courts-circuits géniaux, tout un magma de sentiments et d’actes puisés au limon parfois le plus secret de la matière humaine ; […]. » (R. Goffin, Mallarmé vivant, Paris, Nizet, 1956, p. 12-13.) On peut noter aussi que Mallarmé confie à deux reprises, dans sa Correspondance, avoir rêvé, ou composé, des « vers » ou des « [t]ableaux obscènes » (voir St. Mallarmé, Œuvres complètes, éd. citée, t. I, 1998, p. 1209 ; l’un des poèmes évoqués dans ces lettres, connu sous le titre « Une négresse », est d’ailleurs paru dans un recueil pornographique, Le Nouveau Parnasse satyrique du XIXe siècle).↩︎
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Ce texte a été publié pour la première fois dans le numéro de la revue L’Art et la Mode daté du 22 août 1885 ; l’auteur le reprit ensuite dans les recueils Album de vers et de prose (Bruxelles et Paris, 1887), Pages (Bruxelles, Edmond Deman, 1891), Vers et prose (Paris, Perrin et compagnie, 1893) et Divagations (Paris, Fasquelle / « Bibliothèque Charpentier », 1897). En outre, « Le Nénuphar blanc » fut illustré par Berthe Morisot en 1888, à la demande de Mallarmé.↩︎
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Embarcation étroite et allongée, propulsée à l’aviron.↩︎
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St. Mallarmé, Œuvres complètes, t. II, vol. cité, p. 98.↩︎
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Ibid.↩︎
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Id., p. 99. Dans ces lignes, il y a une allusion manifeste à un phénomène que connaissent tous ceux qui vivent à proximité d’un fleuve : du brouillard, des brumes et de la buée se dégagent des cours d’eau et répandent leur humidité sur les berges et les lieux environnants, surtout le matin.↩︎
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À en croire le poète, la journée est dévolue à la libido ‒ comme le suggère L’Après-midi d’un faune ‒, tandis que l’univers de la nuit renvoie à la chasteté ; Mallarmé et la dame fuient donc tous les deux le soleil. Le narrateur du « Nénuphar blanc » a d’ailleurs pris soin de préciser en commençant que l’épisode qu’il avait choisi de raconter se déroule pendant un mois de « juillet de flamme ». Les deux personnages fuient cette chaleur et cette lumière, qui forment le cadre des entreprises galantes, et se réfugient sur l’eau, ou au milieu d’un paysage aquatique. Et quand le narrateur parle de « retraite aussi humidement impénétrable », il suggère peut-être par là qu’on ne pouvait parvenir au domaine de la dame que via le cours d’eau.↩︎
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C’est tout au moins une chose que Mallarmé, en se fondant sur la compréhension du monde qui est la sienne, peut imaginer.↩︎
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Ibid.↩︎
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Id., p. 100.↩︎
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Ibid.↩︎
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Ibid. « [P]artir avec [« l’un de ces magiques nénuphars »] » ; le verbe « cueillir », à la deuxième ligne, est sans doute utilisé intransitivement.↩︎
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Ibid.↩︎
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Voir ci-dessus, la note 4.↩︎
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St. Mallarmé, Œuvres complètes, t. II, vol. cité, p. 213 (« Crise de vers »).↩︎