{"id":278,"date":"2025-11-11T14:06:02","date_gmt":"2025-11-11T13:06:02","guid":{"rendered":"http:\/\/litteraturesetcetera.fr\/?p=278"},"modified":"2026-04-16T10:12:23","modified_gmt":"2026-04-16T08:12:23","slug":"relire-louis-pergaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/2025\/11\/11\/relire-louis-pergaud\/","title":{"rendered":"Louis Pergaud"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9crivain Louis Pergaud (1882-1915) est mort \u00e0 33\u00a0ans sur le front de la Guerre de 14-18, et son corps n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. Malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, sa carri\u00e8re litt\u00e9raire a \u00e9t\u00e9 fulgurante\u00a0: il re\u00e7oit le prix Goncourt \u00e0 28\u00a0ans et publie \u00e0 30\u00a0ans une histoire d\u00e9sormais quasi mythique, <em>La\u00a0Guerre des boutons<\/em>. Relire aujourd\u2019hui ses diff\u00e9rents livres (ou de les d\u00e9couvrir pour certains textes moins connus) invite \u00e0 les contextualiser et \u00e0 les confronter aux pr\u00e9occupations de notre \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quizz<em> litt\u00e9raire<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture de Louis Pergaud est tr\u00e8s classique, mais soutenue, avec un vocabulaire imag\u00e9, pr\u00e9cis, au service d\u2019une analyse fine des m\u0153urs de ses contemporains comme de celles des animaux familiers de nos campagnes. Mais il sait aussi se montrer bucolique quand il s\u2019agit d\u2019\u00e9voquer la nature de sa Franche-Comt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parmi les quatre citations suivantes, saurez-vous identifier Louis Pergaud et trois de ses contemporains\u2009?<\/strong> <em>(R\u00e9ponses en fin d\u2019article.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[A]&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai revu les bois transparents et sans feuilles, les routes bord\u00e9es de prunelles bleues fl\u00e9tries et de gratte-culs gel\u00e9s, et le village en gradins, et la tour au lierre sombre qui seule demeure verte, et l\u2019\u00e9cole blanche sous un soleil doux et sans reflet.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[B]&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je trouvai le chemin tout bourdonnant de l\u2019odeur des aub\u00e9pines. La haie formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient sous la jonch\u00e9e de leurs fleurs amoncel\u00e9es en reposoir&nbsp;; au-dessous d\u2019elles, le soleil posait \u00e0 terre un quadrillage de clart\u00e9, comme s\u2019il venait de traverser une verri\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[C]&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il avait couru dans les pr\u00e9s, parmi les flouves et les phl\u00e9oles tremblantes&nbsp;; il faisait des balles de coucous&nbsp;; aux places mouill\u00e9es, c\u2019\u00e9tait tout blanc de cardamines&nbsp;; sur les pentes s\u00e8ches, c\u2019\u00e9tait tout rouge d\u2019oseille sauvage.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[D]&nbsp;: \u00ab&nbsp;La pente abrupte diminuait graduellement, et les contours, qui avaient jadis paru immenses \u00e0 mes yeux d\u2019enfant, n\u2019\u00e9taient plus [\u2026] que les flexuosit\u00e9s gracieuses d\u2019un chemin capricant entre les haies de groseilliers sauvages, de prunelliers, d\u2019\u00e9glantiers et d\u2019aub\u00e9pines.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p><em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em> est de loin l\u2019\u0153uvre la plus connue de Louis Pergaud. \u00c0&nbsp;tel point que lorsqu\u2019on \u00e9voque Louis Pergaud devant des interlocuteurs qui disent ne pas le conna\u00eetre, il suffit de pr\u00e9ciser qu\u2019il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;l\u2019auteur de <em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman \u00e9voque une rivalit\u00e9 historique entre deux villages voisins, rivalit\u00e9 exacerb\u00e9e par les enfants qui en viennent aux mains. Au fil des cent dix ans \u00e9coul\u00e9s depuis la publication du livre, l\u2019histoire est quasiment devenue un mythe, un r\u00e9cit qui symbolise tous les conflits gratuits, inutiles, d\u00e9risoires (\u00e0 supposer que se faire la guerre puisse \u00eatre justifi\u00e9\u2026). R\u00e9cemment, on a parl\u00e9 de <em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em> pour expliquer les rixes entre bandes rivales de banlieue. Et une adaptation a fait l\u2019objet d\u2019un spectacle en Belgique \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;2022, opposant les enfants d\u2019un village flamand \u00e0 ceux d\u2019un village wallon pour ajouter du piment \u00e0 l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre de Louis Pergaud sort en librairie le 18&nbsp;octobre 1912, \u00e9dit\u00e9 par le Mercure de France, comme tous les autres livres en prose de l\u2019\u00e9crivain. D\u00e8s le 3&nbsp;novembre 1912, Gaston de&nbsp;Pawlowski, un grand critique de l\u2019\u00e9poque, \u00e9crit dans le journal <em>Com\u0153dia<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tous les gens de bon sens comprendront que ce livre est parfaitement honn\u00eate, qu\u2019il est \u00e9crit par un homme sain d\u2019esprit, conscient de sa t\u00e2che, que ses licences verbales ne sont en somme que de la sinc\u00e9rit\u00e9 et que, pour la premi\u00e8re fois peut-\u00eatre, on nous montre les choses telles qu\u2019elles sont et qu\u2019on se d\u00e9cide \u00e0 \u00e9crire le fran\u00e7ais tel qu\u2019on le parle. [\u2026] Ce livre est un essai tr\u00e8s loyal de litt\u00e9rature gauloise. Il est certainement l\u2019un des plus vrais que l\u2019on ait \u00e9crits depuis bien longtemps. Il nous fait pr\u00e9voir une litt\u00e9rature de demain plut\u00f4t qu\u2019il ne nous rappelle les livres d\u2019autrefois.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Le&nbsp;Figaro<\/em> (1<sup>er<\/sup>&nbsp;novembre 1912), Philippe Emmanuel Glaser estime qu\u2019\u00ab&nbsp;[i]l y a, dans cette \u00e9vocation d\u2019enfants, pouss\u00e9e en pleine nature, \u00e0 peine touch\u00e9s par la discipline incertaine de l\u2019\u00e9cole primaire, une vie, une intensit\u00e9, une vigueur extraordinaires&nbsp;\u00bb. Mais il ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019ajouter pour ses lecteurs&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019aurais tout de m\u00eame mieux aim\u00e9 ces pages si je n\u2019avais \u00e9t\u00e9 g\u00ean\u00e9 par tant de vilains mots souillant des bouches enfantines.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, toutes les critiques ne furent pas aussi enthousiastes, mais le livre connut d\u00e8s sa parution un grand succ\u00e8s qui n\u00e9cessita de nouveaux tirages. Et jusqu\u2019en 1960, le livre fut r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9\u00e9dit\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficia de quelques traductions et d\u2019une dizaine d\u2019\u00e9ditions illustr\u00e9es, notamment par Joseph H\u00e9mard, Andr\u00e9 Collot, Jacques Touchet, Ralph Soupault, Edou Martin et Ren\u00e9e Ringel, chaque illustrateur venant enrichir le r\u00e9cit de Pergaud de son propre univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019Yves Robert s\u2019empare du sujet au tout d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1960 en r\u00e9unissant une \u00e9quipe de grand talent&nbsp;: les acteurs, bien s\u00fbr, mais aussi le sc\u00e9nariste Fran\u00e7ois Boyer, le compositeur Jos\u00e9 Berghmans, le dessinateur d\u2019affiches Savignac\u2026 Si bien que Guillaume Evin a pu \u00e9crire dans son livre <em>Cultissime<\/em> publi\u00e9 en 2018&nbsp;: \u00ab&nbsp;Voil\u00e0, ce film est un petit miracle, parce que tout sonne juste, le noir et blanc y contribue, les acteurs sont \u00e9patants, les dialogues fonctionnent\u2026&nbsp;\u00bb Et le plus exceptionnel est que m\u00eame les ajouts, souvent inspir\u00e9s d\u2019autres \u0153uvres de Louis Pergaud, semblent de la plume de l\u2019\u00e9crivain, y compris la c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9plique \u00ab&nbsp;si j\u2019aurais su, j\u2019aurais pas v\u2019nu&nbsp;\u00bb, sorte de rengaine prononc\u00e9e par Martin Lartigue alias Tigibus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce film a permis \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 du roman de rebondir&nbsp;: de nouvelles traductions sont alors r\u00e9alis\u00e9es, d\u2019autres versions illustr\u00e9es sont publi\u00e9es, y compris des bandes dessin\u00e9es, des versions cin\u00e9matographiques sont tourn\u00e9es, diff\u00e9rents spectacles sont mont\u00e9s, et m\u00eame une com\u00e9die musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9 un mythe&nbsp;; aussi, relire le roman de Louis Pergaud, c\u2019est aller \u00e0 la recherche des racines de ce mythe. O\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre qu\u2019au travers d\u2019une facture tr\u00e8s classique (trois parties, vingt-six chapitres avec pour chacun une citation en exergue), le livre conserve un style alerte et se lit toujours tr\u00e8s bien. Le chapitre \u00ab&nbsp;R\u00e9cits des temps h\u00e9ro\u00efques&nbsp;\u00bb montre bien le caract\u00e8re gratuit du conflit dont on ne conna\u00eet plus vraiment l\u2019origine. Seule r\u00e9serve, le chapitre \u00ab&nbsp;Le&nbsp;tra\u00eetre ch\u00e2ti\u00e9&nbsp;\u00bb passe moins bien aujourd\u2019hui et doit \u00eatre remis dans le contexte de l\u2019\u00e9poque, de m\u00eame que les racl\u00e9es que les enfants re\u00e7oivent de leurs parents (y compris dans le film d\u2019Yves Robert).<\/p>\n\n\n\n<p>En refermant le livre, on se dit qu\u2019il n\u2019est pas tant un livre pour enfants \u2014&nbsp;comme il est parfois consid\u00e9r\u00e9&nbsp;\u2014 qu\u2019un livre pour adultes \u00e0 propos d\u2019histoires d\u2019enfants. Mais que c\u2019est un livre truculent et dr\u00f4le dans lequel on d\u00e9couvre l\u2019humour de Louis Pergaud, par exemple lorsqu\u2019il dit en cl\u00f4ture de son roman&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dire que, quand nous serons grands, nous serons peut-\u00eatre aussi b\u00eates qu\u2019eux\u2009!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/O5StEEzpT04?si=cZiTpA6Y4wroDo7M\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>les r\u00e9cits animaliers<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Le 15&nbsp;ao\u00fbt 1907, Louis Pergaud arrive en train \u00e0 Paris, en provenance de sa Comt\u00e9 natale. Jusqu\u2019alors, il n\u2019a \u00e9crit que des po\u00e8mes sous l\u2019influence de L\u00e9on Deubel (1879-1913), son ami et mentor. Tr\u00e8s vite, sa terre de naissance lui manque et il a besoin par l\u2019\u00e9criture de se la rem\u00e9morer, de faire remonter \u00e0 la surface la Franche-Comt\u00e9 enfouie dans ses tripes.<\/p>\n\n\n\n<p>Son ami d\u2019enfance, Eug\u00e8ne Chatot, t\u00e9moigne dans une biographie actuellement in\u00e9dite&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il s\u2019int\u00e9resse tout particuli\u00e8rement \u00e0 la vie des b\u00eates. Il l\u2019a \u00e9tudi\u00e9e dans les for\u00eats, les bois et les villages francs-comtois o\u00f9 il a v\u00e9cu. Malheureusement, dans ce Paris o\u00f9 il est claustr\u00e9, il n\u2019a comme moyen d\u2019observation que le Jardin des Plantes, o\u00f9 le dimanche matin, il se rendra et o\u00f9 il s\u2019attardera de pr\u00e9f\u00e9rence devant la cage des goupils dont il ne se lasse jamais de contempler les \u00e9bats contenus et les attitudes rus\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ses premiers \u00ab&nbsp;contes sylvestres&nbsp;\u00bb sont publi\u00e9s dans des revues \u00e0 partir de 1909. En septembre&nbsp;1910, ils sont r\u00e9unis dans un livre, <em>De&nbsp;Goupil \u00e0 Margot<\/em>, publi\u00e9 par le Mercure de France, livre qui re\u00e7oit le prix Goncourt le 8&nbsp;d\u00e9cembre 1910 alors que d\u2019autres \u00e9crivains comme Apollinaire ou Colette font aussi partie de la comp\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab&nbsp;Portrait-Souvenir&nbsp;\u00bb consacr\u00e9e par Roger St\u00e9phane \u00e0 Louis Pergaud en 1962, Raymond Escholier t\u00e9moigne&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce qu\u2019il y eut de curieux dans la carri\u00e8re litt\u00e9raire de Pergaud, ce fut le succ\u00e8s, grand succ\u00e8s pour l\u2019\u00e9poque, du prix Goncourt, <em>De&nbsp;Goupil \u00e0 Margot<\/em>. Jusqu\u2019alors, le prix Goncourt avait \u00e9t\u00e9 en quelque sorte confidentiel. Il n\u2019en est pas moins vrai que, pour la premi\u00e8re fois, un \u00e9diteur voyant un \u00e9crivain publi\u00e9 par lui recevoir le prix Goncourt, cet \u00e9diteur fut forc\u00e9 de r\u00e9imprimer tout de suite parce que, pendant plusieurs semaines, on manqua chez les libraires de <em>De&nbsp;Goupil \u00e0 Margot<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le mois de mai&nbsp;1911, Louis Pergaud publie un nouveau livre de contes animaliers sous le titre <em>La&nbsp;Revanche du Corbeau<\/em>. Et d\u2019autres r\u00e9cits suivront, repris dans <em>Les&nbsp;Derni\u00e8res histoires de b\u00eates<\/em>. En 2020, les \u00e9ditions Arthaud ont repris dans un livre de poche intitul\u00e9 <em>Romans animaliers<\/em> l\u2019ensemble des \u00e9crits de Louis Pergaud traitant de la vie des b\u00eates. Ce choix n\u2019est pas anodin quand on sait que cet \u00e9diteur privil\u00e9gie des auteurs \u00ab&nbsp;d\u00e9fenseurs de l\u2019environnement&nbsp;\u00bb. De m\u00eame, en 2012, est parue en Finlande une traduction en finnois du livre <em>De&nbsp;Goupil \u00e0 Margot<\/em>, ce qui prouve le sursaut d\u2019actualit\u00e9 de ces textes animaliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Pergaud connaissait merveilleusement le monde animal pour l\u2019avoir scrut\u00e9 en Comt\u00e9. Il n\u2019avait pas \u00e9tudi\u00e9 l\u2019\u00e9thologie sur les bancs d\u2019une universit\u00e9, c\u2019est sur les sentiers des plateaux du Doubs qu\u2019il avait examin\u00e9 le comportement des animaux, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il avait \u00e9prouv\u00e9 de la compassion vis-\u00e0-vis des animaux face \u00e0 la cruaut\u00e9 des hommes ou celle de leurs cong\u00e9n\u00e8res. Si la vie des hommes a beaucoup chang\u00e9 en un si\u00e8cle, celle des animaux est rest\u00e9e la m\u00eame, et c\u2019est pourquoi les livres animaliers de Louis Pergaud sont toujours d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019a soulign\u00e9 Pierre Gascar dans sa pr\u00e9face aux \u0152uvres compl\u00e8tes de 1987&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9crivain a instinctivement op\u00e9r\u00e9 une s\u00e9lection, \u00e9liminant de son bestiaire les gros animaux, chevreuils et sangliers, qui, peut-on dire, respirent \u00e0 hauteur d\u2019homme, pour s\u2019attacher \u00e0 ceux que leur taille, leur mode de vie, leurs m\u0153urs maintiennent proches du sol ou, du moins lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9cureuils et d\u2019oiseaux notamment, de la v\u00e9g\u00e9tation et des arbres. Sans doute, Pergaud pense-t-il que nous ne pouvons essayer de percer le myst\u00e8re qu\u2019en nous pla\u00e7ant mentalement \u00e0 un autre niveau du monde, celui o\u00f9 il \u00e9volue, et qu\u2019en adoptant pour l\u2019observer les postures susceptibles de permettre sa capture.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>Le&nbsp;Roman de Miraut<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9cits animaliers de Louis Pergaud sont d\u2019abord des nouvelles dont certaines sont assez longues, comme \u00ab&nbsp;La&nbsp;tragique aventure de Goupil&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;La&nbsp;captivit\u00e9 de Margot&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s la sortie de <em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em>, l\u2019\u00e9crivain s\u2019attelle \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019un roman animalier qui est publi\u00e9 fin&nbsp;1913, \u00e0 la fois sous forme de livre au Mercure de France et sous forme de feuilleton dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> (le journal dirig\u00e9 par Jean Jaur\u00e8s)&nbsp;: c\u2019est <em>Le&nbsp;Roman de Miraut<\/em>, dont le titre conjugue <em>Le&nbsp;Roman de Renart<\/em>, ensemble m\u00e9di\u00e9val de r\u00e9cits animaliers, et le nom d\u2019un chien qu\u2019on trouve dans les fables de La&nbsp;Fontaine&nbsp;: \u00ab&nbsp;F\u00fbt-il diable, Miraut, en d\u00e9pit de ses tours, l\u2019attrapera bient\u00f4t.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Raymond Escholier, dans l\u2019\u00e9mission <em>Portrait-Souvenir<\/em>, \u00e9voque ce roman de son ami Louis Pergaud&nbsp;: \u00ab&nbsp;Son amour des b\u00eates, qui \u00e9videmment domine toute l\u2019\u0153uvre de Pergaud, \u00e9clate d\u2019une fa\u00e7on exceptionnelle dans le <em>Roman de Miraut<\/em>. Il y a l\u00e0 sur l\u2019amour de l\u2019homme pour le chien et surtout l\u2019amour du chien pour l\u2019homme des pages extr\u00eamement \u00e9mouvantes car Pergaud recherchait par-dessus tout l\u2019amour.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u0153uvre est peut-\u00eatre un peu moins connue que celles pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9es, et pourtant elle est particuli\u00e8rement touchante. On ne peut relire sans \u00e9motion les pages o\u00f9 Miraut, exil\u00e9 dans la plaine, se sauve et revient chez son ma\u00eetre Lis\u00e9e, un vrai bourru qui sait aussi \u00eatre sentimental.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019aucuns reprochent \u00e0 Pergaud une certaine misogynie dans ce roman, notamment dans la description des personnages de la Gu\u00e9lotte et de la grande Ph\u00e9mie, et pourtant, tous ceux qui ont v\u00e9cu dans un village ont connu ces types de personnage hauts en couleur et surtout rev\u00eaches\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons enfin que Louis Pergaud \u00e9tait chasseur et aimait chasser, tout comme Lis\u00e9e, le ma\u00eetre de Miraut. Ce n\u2019\u00e9tait cependant pas un \u00ab&nbsp;viandard&nbsp;\u00bb&nbsp;: la chasse \u00e9tait pour lui l\u2019occasion d\u2019arpenter les prairies et les bois de son \u00ab&nbsp;pays&nbsp;\u00bb, et ainsi d\u2019approfondir sa connaissance de la vie animale. De nos jours, il aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 davantage un chasseur\u2026 d\u2019images, et en m\u00eame temps un reporter de la vie rurale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>les lettres de guerre<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Mobilis\u00e9 en ao\u00fbt&nbsp;1914, Louis Pergaud meurt au combat en avril&nbsp;1915 sur le front au sud-est de Verdun. Ses lettres n\u2019avaient certes pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crites pour \u00eatre publi\u00e9es, mais le Mercure de France en ins\u00e9ra quelques-unes dans un recueil intitul\u00e9 <em>M\u00e9langes<\/em>, sorti en 1938, si bien que tr\u00e8s vite, elles ont \u00e9t\u00e9 incluses dans les anthologies des plus belles lettres de poilus, comme <em>Ce qui demeure<\/em>, par Jacques Benoist-M\u00e9chin (1942), ou encore <em>14-18&nbsp;Lettres d\u2019\u00e9crivains<\/em> chez Belin\/Gallimard (2008).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1914, le Mercure de France publia, sous le titre <em>Lettres \u00e0 Delphine<\/em>, ses lettres de guerre \u00e9crites \u00e0 sa femme et \u00e0 quelques proches, notamment Edmond Rocher, Marcel Martinet, Eug\u00e8ne Chatot, Michel Puy ou encore Lucien Descaves. Ce livre constitue un t\u00e9moignage poignant de la vie au jour le jour sur le front, entre ennui, manque de l\u2019autre, d\u00e9sespoir, fatalit\u00e9, horreur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est aussi un t\u00e9moignage fort de l\u2019amour qu\u2019il porte \u00e0 Delphine \u00e0 qui il \u00e9crit le 2&nbsp;f\u00e9vrier 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si je dois passer \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 un jour, je veux, ma ch\u00e9rie, que tu sois avec moi et que nos deux noms soient unis dans la gloire comme nos deux c\u0153urs l\u2019auront \u00e9t\u00e9 dans la vie\u2026 Tu es toute ma vie et je veux vivre pour te revoir et pour t\u2019aimer comme tu m\u00e9rites de l\u2019\u00eatre, toi, la b\u00e9nie, la seule \u00e9lue entre toutes les femmes. Je ne t\u2019ai pas rendue encore assez heureuse, je ne t\u2019ai pas conquis encore tout ce que je veux que tu aies&nbsp;; tu as \u00e9t\u00e9 la si fid\u00e8le et la si ch\u00e8re compagne des jours mauvais, des jours de lutte, des jours de peine, qu\u2019il faut que tu go\u00fbtes toutes les revanches, et tu les auras, ma Delphine ador\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les <em>Lettres \u00e0 Delphine<\/em> sont aussi un t\u00e9moignage sociologique qui n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019historienne Michelle Perrot. Dans une conf\u00e9rence prononc\u00e9e en 2014, elle cite largement Louis Pergaud pour d\u00e9montrer que \u00ab&nbsp;la guerre a boulevers\u00e9 l\u2019amour&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les soldats parlent de sentiment\u2026 La sexualit\u00e9 est plus difficile \u00e0 dire. Elle s\u2019exprime diff\u00e9remment selon les milieux et les capacit\u00e9s d\u2019\u00e9criture, le degr\u00e9 d\u2019intimit\u00e9 ant\u00e9rieur. Louis Pergaud y excelle et l\u2019expression du d\u00e9sir se fait chez lui de plus en plus vive. Pudique, il parle d\u2019abord de \u201cbaisers sur tes beaux yeux\u201d. Il parle d\u2019\u00e9treintes \u201ctr\u00e8s fortes\u201d et \u201cr\u00e9p\u00e9t\u00e9es\u201d. Il demande \u201cun baiser passionn\u00e9 et chaud comme tu sais me les donner et dont j\u2019ai une si vive nostalgie maintenant \u00e0 toute heure\u201d\u2026 \u201cQuelles \u00e9treintes je te promets, ma gamine bien ch\u00e8re, et avec quelle ardeur je te caresserai, je te cajolerai. Et puis, peut-\u00eatre aurons-nous enfin le b\u00e9b\u00e9 que nous esp\u00e9rons\u201d, \u00e9crit-il en f\u00e9vrier&nbsp;1915. Il sera tu\u00e9 un mois plus tard.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>les po\u00e8mes de Louis Pergaud<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Association des Amis de Louis Pergaud a souhait\u00e9 publier en 2021 l\u2019int\u00e9grale des po\u00e8mes de l\u2019\u00e9crivain, sous le titre <em>La&nbsp;Fuite des Choses<\/em> \u2014&nbsp;qu\u2019il avait envisag\u00e9 pour un futur recueil. Cette int\u00e9grale pr\u00e9sente des po\u00e8mes de valeur in\u00e9gale, mais elle est extr\u00eamement int\u00e9ressante pour comprendre la formation de l\u2019\u00e9crivain et son apprentissage aupr\u00e8s du po\u00e8te L\u00e9on Deubel.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Amis de Louis Pergaud participent depuis trois ans au Printemps des Po\u00e8tes et, dans ce cadre, ont publi\u00e9 sur la page Facebook de l\u2019Association des strophes r\u00e9pondant au th\u00e8me choisi par la manifestation (\u00ab&nbsp;Le&nbsp;D\u00e9sir&nbsp;\u00bb en 2021, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp;\u00bb en 2022, \u00ab&nbsp;Fronti\u00e8res&nbsp;\u00bb en 2023)&nbsp;: cet aspect fragmentaire permet de mettre en valeur de belles envol\u00e9es lyriques \u00e0 la fois de Deubel et de Pergaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains po\u00e8mes de Louis Pergaud annoncent ses r\u00e9cits animaliers. C\u2019est le cas notamment de \u00ab&nbsp;Pr\u00e8s des mares&nbsp;\u00bb, qui pr\u00e9figure la nouvelle \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9vasion de la mort&nbsp;\u00bb, qui met en sc\u00e8ne Rana la grenouille.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais certains textes en prose font preuve d\u2019un lyrisme qui les apparente \u00e0 la po\u00e9sie&nbsp;: dans la derni\u00e8re partie de <em>La&nbsp;Fuite des Choses<\/em>, des textes en prose relatifs aux saisons ou les souvenirs intitul\u00e9s \u00ab&nbsp;Terre natale&nbsp;\u00bb ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s sous forme de po\u00e8mes, d\u00e9montrant ainsi chez Louis Pergaud le glissement progressif de la po\u00e9sie vers la prose. \u00c0&nbsp;partir de 1908, c\u2019est ce dernier mode d\u2019\u00e9criture qu\u2019il retiendra de fa\u00e7on quasi exclusive.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Relire <em>les autres textes de Pergaud\u2009?<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>En juillet&nbsp;1914, juste avant la mobilisation, Louis Pergaud d\u00e9pose au Mercure de France un nouveau manuscrit intitul\u00e9 <em>Les&nbsp;Rustiques<\/em>, qui ne sera finalement publi\u00e9 qu\u2019en 1921. Ce sont des nouvelles villageoises qui \u00e9taient pr\u00e9c\u00e9demment sorties dans diff\u00e9rentes publications, notamment la revue duMercure de France et <em>Paris-Journal<\/em>. Il est int\u00e9ressant de relire de tels textes, qui \u00e9taient adapt\u00e9s \u00e0 la publication dans les journaux et donc \u00e0 une lecture rapide. On y retrouve un t\u00e9moignage sur la vie dans les villages de Comt\u00e9 au tournant du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, mais aussi les th\u00e8mes chers \u00e0 Louis Pergaud comme la la\u00efcit\u00e9 ou la religion, th\u00e8me trait\u00e9 de fa\u00e7on humoristique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous disposons encore de quelques chapitres d\u2019un nouveau roman qui devait s\u2019intituler <em>Lebrac B\u00fbcheron<\/em>, dans lequel on devait retrouver les principaux personnages de <em>La&nbsp;Guerre des boutons<\/em>. Ce texte inachev\u00e9 a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pour les passionn\u00e9s et les chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Un aspect plus m\u00e9connu de l\u2019\u0153uvre de Louis Pergaud est son travail de critique litt\u00e9raire. Pendant quelques ann\u00e9es, il tint la chronique des romans r\u00e9cemment publi\u00e9s dans la revue <em>L\u2019\u00cele Sonnante<\/em>, ce qui lui valut d\u2019ailleurs une certaine reconnaissance dans le monde des lettres. Il faudra peut-\u00eatre un jour publier ces chroniques qui permettront de d\u00e9couvrir un nouveau Pergaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces relectures de l\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9crivain nous permettront de mieux comprendre pourquoi Louis Pergaud fait partie des \u00e9crivains qui ont le plus d\u2019\u00e9tablissements portant leur nom en France, avec plus de cent \u00e9coles notamment.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9ponses au quizz<\/p>\n\n\n\n<p>[A] Colette, <em>Claudine \u00e0 l\u2019\u00e9cole<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[B] Marcel Proust, <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[C] Maurice Genevois, <em>Raboliot<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[D] Louis Pergaud, <em>Terre natale<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;association des Amis de Louis Pergaud : <a href=\"https:\/\/louispergaud.fr\/\">https:\/\/louispergaud.fr\/<\/a><\/p>\n\n<!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-278\" data-postid=\"278\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-278 themify_builder tf_clear\">\n    \t\t\t\t<!-- module_row -->\n\t\t<div  data-lazy=\"1\" class=\"module_row themify_builder_row tb_8xb3224 tb_first tf_w tf_clearfix\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"row_inner col_align_top tb_col_count_1 tf_box tf_rel\">\n\t\t\t\t\t<div  data-lazy=\"1\" class=\"module_column tb-column col-full tb_4o9u224 first\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"tb-column-inner tf_box tf_w\">\n\t\t\t\t<!-- module image -->\n<div  class=\"module module-image tb_d1fy743   image-top tf_mw\" data-lazy=\"1\">\n        <div class=\"image-wrap tf_rel tf_mw\">\n\t\t    <a href=\"https:\/\/louispergaud.fr\/#\"\n\t        class=\"lightbox-builder themify_lightbox\"\t       >\n\t\t   \t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/litteraturesetcetera.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-11-a-22.56.33.png\" width=\"1835\" height=\"946\" title=\"Louis Pergaud\" alt=\"Louis Pergaud\">\t    <\/a>\n\t\n\t\t<\/div>\n\t<!-- \/image-wrap -->\n    \n    \t<\/div>\n<!-- \/module image -->\t\t\t\t<\/div><!-- .tb-column-inner -->\n\t\t\t\t\t\t<\/div><!-- .module_column -->\n\t\t\t\t\t\t<\/div><!-- .row_inner -->\n\t\t<\/div><!-- .module_row -->\n\t\t\t\t<\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9crivain Louis Pergaud (1882-1915) est mort \u00e0 33\u00a0ans sur le front de la Guerre de 14-18, et son corps n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. Malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, sa carri\u00e8re litt\u00e9raire a \u00e9t\u00e9 fulgurante\u00a0: il re\u00e7oit le prix Goncourt \u00e0 28\u00a0ans et publie \u00e0 30\u00a0ans une histoire d\u00e9sormais quasi mythique, La\u00a0Guerre des boutons. Relire aujourd\u2019hui ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":282,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[28,34],"tags":[],"class_list":["post-278","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-28","category-relire","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"<a href=\"https:\/\/louispergaud.fr\/#\" > <img src=\"http:\/\/litteraturesetcetera.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-11-a-22.56.33.png\" width=\"1835\" height=\"946\" title=\"Louis Pergaud\" alt=\"Louis Pergaud\"> <\/a>","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=278"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":637,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/278\/revisions\/637"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/282"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}