{"id":241,"date":"2025-11-11T03:43:58","date_gmt":"2025-11-11T02:43:58","guid":{"rendered":"http:\/\/litteraturesetcetera.fr\/?p=241"},"modified":"2026-04-16T10:12:23","modified_gmt":"2026-04-16T08:12:23","slug":"les-francais-aiment-leur-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litteraturesetcetera.fr\/index.php\/2025\/11\/11\/les-francais-aiment-leur-histoire\/","title":{"rendered":"Les Fran\u00e7ais aiment leur Histoire"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">Ren\u00e9 Bruneau&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Les Fran\u00e7ais aiment l\u2019Histoire. Depuis longtemps. Depuis toujours. La chanson de geste d\u00e9j\u00e0 la chante, avec l\u2019emphase du merveilleux, du l\u00e9gendaire, de l\u2019h\u00e9ro\u00efque. Si les Fran\u00e7ais, en effet, aiment l\u2019Histoire, c\u2019est cependant avec une pr\u00e9f\u00e9rence tr\u00e8s marqu\u00e9e pour leur Histoire nationale. Quoi de plus normal d\u2019ailleurs, m\u00eame \u00e0 l\u2019heure de l\u2019Europe o\u00f9, pour cimenter le continent, l\u2019on s\u2019efforce, et avec plus ou moins de bonheur, de vouloir promouvoir une Histoire supranationale. H\u00e9las, comme l\u2019Histoire de France est celle, pour beaucoup, des multiples conflits qui des si\u00e8cles durant l\u2019ont oppos\u00e9e \u00e0 ses voisins \u2014&nbsp;et qu\u2019il en est de m\u00eame pour les voisins&nbsp;\u2014 il est assez difficile de b\u00e2tir un r\u00e9cit historique continental avec une objectivit\u00e9 qui ferait fi des susceptibilit\u00e9s nationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Fran\u00e7ais aiment leur Histoire, passionn\u00e9ment, et sous toutes ses formes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La plus imm\u00e9diatement accessible, pr\u00e9hensible, spectaculaire aussi par nature, est pr\u00e9cis\u00e9ment le spectacle vivant, lequel, gr\u00e2ce \u00e0 des concepteurs et acteurs enthousiastes, anime \u2014&nbsp;b\u00e9n\u00e9volement le plus souvent&nbsp;\u2014 nombre des nuits de nos provinces. Avec, notablement, l\u2019immense succ\u00e8s, diurne autant que nocturne d\u2019ailleurs, du g\u00e9ant vend\u00e9en \u00e0 la r\u00e9putation plan\u00e9taire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Grandes ou petites, ces prestations sc\u00e9niques racontent une histoire visuelle, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un vaste livre d\u2019images, dont le succ\u00e8s a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 puis\u00e9 \u00e0 la source parl\u00e9e de l\u2019instituteur, de sa le\u00e7on d\u2019Histoire et du livre de classe. Longtemps cette repr\u00e9sentation du r\u00e9cit national inculqu\u00e9e par l\u2019\u00e9cole a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un socle culturel commun \u00e0 toutes les couches de la population, riche en tableaux qui ont impr\u00e9gn\u00e9 nombre de g\u00e9n\u00e9rations. Ainsi de Clovis hiss\u00e9 sur son pavois, de Saint Louis sous son ch\u00eane, de Bayard adoubant Fran\u00e7ois&nbsp;1<sup>er<\/sup>, du sans-culotte brandissant sa pique, ou de Napol\u00e9on serrant l\u2019oreille d\u2019un grognard, autant de clich\u00e9s sommaires, et donc forc\u00e9ment menteurs, mais si beaux qu\u2019ils ont contribu\u00e9 \u00e0 construire l\u2019\u00e2me de la France.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019horreur des grands conflits du vingti\u00e8me si\u00e8cle a quelque peu \u00e9corn\u00e9 le livre d\u2019images. Et l\u2019\u00e9volution r\u00e9cente de notre soci\u00e9t\u00e9, sa mixit\u00e9 culturelle, l\u2019apparition d\u2019un communautarisme en r\u00e9action au discours officiel, la d\u00e9sagr\u00e9gation des valeurs communes face \u00e0 l\u2019individualisme et \u00e0 la tentation du repli communautaire mettent \u00e0 mal le r\u00e9cit historique pour une bonne partie de la population. N\u00e9anmoins il demeure, la preuve en est dans sa fr\u00e9quente r\u00e9cup\u00e9ration par le discours politique, pas toujours \u00e0 bon escient.<\/p>\n\n\n\n<p>Les apparitions successives du cin\u00e9ma, muet puis parlant, et apr\u00e8s lui de la t\u00e9l\u00e9vision et de la radio, vont sortir l\u2019Histoire de son sanctuaire p\u00e9dagogique en la vulgarisant parmi un grand public adulte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu peu de temps pour que l\u2019alchimie du septi\u00e8me art accapare les histoires de l\u2019Histoire pour les transmuter en \u0153uvres populaires, d\u2019or pur pour quelques-unes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Zecca en 1901 tournait <em>Quo vadis\u2009?<\/em>, Fritz Lang en 1924 s\u2019accaparait l\u2019\u00e9pop\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale allemande, puis celle de Napol\u00e9on en 1927, en 1925, Eisenstein mettait \u00e0 flot son <em>Cuirass\u00e9 Potemkine<\/em>. Depuis, il ne s\u2019est gu\u00e8re pass\u00e9 d\u2019ann\u00e9es sans que le cin\u00e9ma ne traite, plus ou moins fid\u00e8lement, de l\u2019histoire du monde (et souvent en adaptant un des titres phares du roman historique).<\/p>\n\n\n\n<p>La t\u00e9l\u00e9vision n\u2019allait pas tarder \u00e0 embo\u00eeter le pas au cin\u00e9ma par le biais du pur documentaire d\u2019images comment\u00e9es, puis du t\u00e9l\u00e9film de fiction n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 prendre des libert\u00e9s avec l\u2019Histoire. Jusqu\u2019\u00e0 parfois la d\u00e9naturer. Enfin, depuis peu, est apparu le docu-fiction qui entend conserver la rigueur didactique du document en l\u2019ornant de reconstitutions film\u00e9es, respectueuses de la v\u00e9racit\u00e9 du propos.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019image donc, toujours l\u2019image\u2009! Or en quoi est-elle un support sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019\u00e9crit\u2009? En quoi, m\u00eame comment\u00e9e oralement, ou accompagn\u00e9e de dialogues, ne peut-elle l\u2019emporter sur la vertu cardinale de l\u2019\u00e9crit\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9bat mill\u00e9naire, aussi vieux que le stylet ou le crayon d\u2019une part, le dessin et l\u2019\u00e9criture d\u2019autre part.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019image offre d\u2019embl\u00e9e la visualisation de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, avec un impact imm\u00e9diat, r\u00e9duisant sa complexit\u00e9 du fait des limites de toute repr\u00e9sentation et, par ailleurs, exer\u00e7ant un attrait li\u00e9 \u00e0 l\u2019art de l\u2019imagier m\u00e9di\u00e9val ou du dessinateur moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019\u00e9crit alors\u2009? S\u2019il l\u2019emporte indubitablement en mati\u00e8re de pr\u00e9cision, plus encore dans l\u2019argumentation et le raisonnement, s\u2019il est un support que le temps ne saurait d\u00e9truire, il est surtout le truchement le plus subtil, le plus analytique, de la sensation, du sentiment, et l\u2019id\u00e9al vecteur du r\u00eave et de l\u2019imaginaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019image montre, le mot donne \u00e0 recr\u00e9er par la pens\u00e9e et ce champ-l\u00e0 est sans limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela, la radio puis la t\u00e9l\u00e9vision, par mim\u00e9tisme, l\u2019ont bient\u00f4t compris l\u2019audiovisuel a donn\u00e9 la parole au r\u00e9cit oral. Des historiens, seuls face au micro ou \u00e0 la cam\u00e9ra, ont racont\u00e9 l\u2019Histoire. Sans donc l\u2019attrait esth\u00e9tique et l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de l\u2019image. Or ils ont passionn\u00e9 et passionnent encore. Ce fut l\u2019Alain Decaux raconte des ann\u00e9es&nbsp;1970 et 1980, c\u2019est aujourd\u2019hui Franck Ferrant et quelques autres historiens-conteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de tout cela, le roman restera la forme la plus achev\u00e9e du r\u00e9cit historique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, l\u2019histoire litt\u00e9raire nous enseigne l\u2019anciennet\u00e9 de la forme du \u00ab&nbsp;romanz&nbsp;\u00bb, pratiqu\u00e9e en France d\u00e8s le Moyen-\u00c2ge. M\u00eame si l\u2019acception du mot est \u00e0 l\u2019\u00e9poque assez large, d\u00e9signant le plus souvent des \u0153uvres en vers, pouvant aller de la farce (<em>Le Roman de Renart<\/em>), \u00e0 l\u2019all\u00e9gorie courtoise (<em>Le Roman de la Rose<\/em>) jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e antique (<em>Le roman d\u2019Alexandre<\/em>).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce dernier cas, on peut d\u2019ailleurs consid\u00e9rer l\u2019\u0153uvre comme l\u2019anc\u00eatre du roman historique proprement dit, puisque r\u00e9dig\u00e9 au xii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle \u2014&nbsp;en alexandrins\u2009!&nbsp;\u2014 et contant les exploits pass\u00e9s d\u2019Alexandre le Grand.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au xvi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle Mme&nbsp;de&nbsp;Lafayette use de la m\u00eame d\u00e9marche. Son ouvrage <em>La Princesse de Montpensier<\/em>, paru en 1662, situe son action sous le r\u00e8gne de Charles IX mort en 1574. Madeleine de&nbsp;Scud\u00e9ry, quant \u00e0 elle, publie au milieu du xvii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle <em>Cl\u00e9lie, histoire romaine<\/em> pla\u00e7ant son h\u00e9ro\u00efne au temps de la R\u00e9publique romaine (vi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle av. J.-C.) sans trop, il est vrai, se pr\u00e9occuper de l\u2019historicit\u00e9 de son propos.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, c\u2019est le xix<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle qui donnera au roman historique ses lettres de noblesse avec des \u0153uvres romanesques situant leur r\u00e9cit dans un pass\u00e9 cr\u00e9dible, au terme d\u2019une \u00e9tude s\u00e9rieuse de la p\u00e9riode.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1809, Chateaubriand d\u00e9crit, dans <em>Les Martyrs<\/em>, le sort des premiers chr\u00e9tiens pers\u00e9cut\u00e9s \u00e0 Rome sous Diocl\u00e9tien. Puis c\u2019est l\u2019Anglais Walter Scott qui visite avec talent les xi<sup>e<\/sup> et xv<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cles avec, parmi d\u2019autres titres, son <em>Ivanho\u00e9<\/em> (1819) et son <em>Quentin Durward<\/em> (1823), avec un succ\u00e8s consid\u00e9rable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La porte est ouverte, le genre est lanc\u00e9. Et la production abonde.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en ce foisonnement de r\u00e9cits de qualit\u00e9s fort in\u00e9gales, une poign\u00e9e passera \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Tels <em>Les Derniers Jours de Pomp\u00e9i<\/em>, de Bulwer-Lytton (1834), <em>Une nuit de Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> (1838) puis <em>Le Roman de la momie<\/em> (1858) par Th\u00e9ophile Gautier, \u00e9videmment le <em>Salammb\u00f4<\/em> de Flaubert 1862, l\u2019\u0153uvre immense d\u2019un Dumas avec la fameuse trilogie des mousquetaires (1844, 1845, 1847) puis <em>La Reine Margot<\/em> (1845) <em>Le Comte de Monte-Cristo<\/em> (1846), <em>La Dame de Monsoreau<\/em> (1846). Eug\u00e8ne Sue t\u00e2tera aussi du genre, avec moins de bonheur. \u00c0 la toute fin du si\u00e8cle para\u00eetront encore des \u0153uvres magistrales, telles que <em>Ben&nbsp;Hur<\/em> (1880) ou <em>Quo vadis\u2009?<\/em> (1896).<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle verra la mode \u00e0 l\u2019antique ou du genre \u00ab&nbsp;troubadour&nbsp;\u00bb d\u00e9serter quelque peu la litt\u00e9rature au profit de la peinture. Avec cependant un regain vers le r\u00e9cit antique \u00e0 partir des ann\u00e9es&nbsp;1920 jusqu\u2019\u00e0 nos jours, avec <em>Moi, Claude<\/em> (1934), les <em>M\u00e9moires d\u2019Hadrien<\/em> (1951), les <em>M\u00e9moires d\u2019Agrippine<\/em> (1992), la longue s\u00e9rie des romans sur l\u2019\u00c9gypte pharaonique de Christian Jacq (1993).<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, le roman historique ne saurait s\u2019\u00e9teindre, puisqu\u2019avec l\u2019homme perdurent l\u2019Histoire, le go\u00fbt de l\u2019\u00e9criture et celui de la lecture. Leur conjonction ne manquera pas de se conjuguer encore dans la reconstitution d\u2019un pass\u00e9 qui le fascine et souvent flamboie, loin de son quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qu\u2019est-ce donc ce qui pousse tel ou tel \u00e9crivain \u00e0 vouloir ressusciter le pass\u00e9\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute y a-t-il le besoin de savoir d\u2019o\u00f9 il vient, ce qu\u2019il partage avec ses compatriotes et donc ce sur quoi s\u2019est construite son identit\u00e9. Le besoin donc aussi d\u2019interroger la m\u00e9moire collective pour revisiter les arcanes d\u2019\u00e9v\u00e9nements ou de personnages hors du commun, qui ont compt\u00e9, suscitant la ferveur ou l\u2019horreur. Bref, le besoin d\u2019une immersion en un autre temps, pour le questionner, l\u2019investiguer, y emporter son lecteur, lui donner \u00e0 voir, comprendre et apprendre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman historique est comme une arche aux flancs charg\u00e9s de figures adoub\u00e9es par la m\u00e9moire populaire et qui vogue, impavide, sur le flot du temps qui passe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec quelques \u00e9cueils \u00e0 \u00e9viter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 commencer avec la place donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Histoire dans son r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet l\u2019Histoire peut n\u2019\u00eatre qu\u2019un d\u00e9cor utilis\u00e9 pour d\u00e9payser une action qui aurait pu s\u2019accommoder d\u2019un autre contexte historique. L\u2019action est alors privil\u00e9gi\u00e9e, la p\u00e9riode choisie ne faisant qu\u2019office de r\u00e9v\u00e9lateur des pr\u00e9occupations de l\u2019auteur, politiques, culturelles ou esth\u00e9tiques. Un choix li\u00e9 donc \u00e0 sa personnalit\u00e9, \u00e0 ses aspirations ou \u00e0 ses d\u00e9testations et qui peut d\u2019ailleurs s\u2019av\u00e9rer un excellent vecteur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi de Victor Hugo et de ses <em>Mis\u00e9rables<\/em> publi\u00e9s en 1862. La pauvret\u00e9 qu\u2019il y d\u00e9nonce, les luttes politiques, tout comme les \u00ab&nbsp;temp\u00eate(s) sous un cr\u00e2ne&nbsp;\u00bb, sont des r\u00e9alit\u00e9s de toute \u00e9ternit\u00e9. Et si, dans son roman il situe son \u00e9meute en 1832 c\u2019est par intention politique. Le r\u00e9publicain Hugo veut illustrer l\u2019insurrection d\u00e9clench\u00e9e lors des fun\u00e9railles du g\u00e9n\u00e9ral Lamarque par un peuple aspirant \u00e0 une R\u00e9publique que la Monarchie de Juillet leur a vol\u00e9e. Un autre soul\u00e8vement aurait pu faire l\u2019affaire.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, dans <em>Notre-Dame de Paris<\/em> qui pr\u00e9tend restituer le xv<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, Hugo refabrique-t-il un Moyen-\u00c2ge quelque peu fantasm\u00e9. Et parfois d\u00e9form\u00e9, puisqu\u2019il y fait par exemple appara\u00eetre un Louis&nbsp;XI qui, en 1482, n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 Paris, mais en ses terres lig\u00e9riennes qu\u2019il ne quittait plus depuis pas mal de temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette libert\u00e9 avec la r\u00e9alit\u00e9 historique, Hugo d\u2019ailleurs la revendique haut et fort.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi \u00e9crit-il en 1823 dans un propos sur Walter Scott&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019aime mieux croire au roman qu\u2019\u00e0 l\u2019Histoire, parce que je pr\u00e9f\u00e8re la v\u00e9rit\u00e9 morale \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame souci mod\u00e9r\u00e9 du r\u00e9el chez tel \u00e9crivain qui choisit de construire son r\u00e9cit autour d\u2019un personnage \u00e9minent, connu de tous, en lui faisant cautionner malgr\u00e9 lui, et dans une perspective purement romanesque, des \u00e9carts plus ou moins grands d\u2019avec la r\u00e9alit\u00e9 historique. Une libert\u00e9 qui peut alors friser la trahison.<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dan Brown, dans son <em>Da Vinci code <\/em>(2003), appuie son intrigue sur une figure historique universelle, L\u00e9onard de&nbsp;Vinci, et sur le flou d\u2019un contexte sous-jacent, pour l\u00e9gitimer une pure sp\u00e9culation d\u00e9bordant largement la connaissance historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et que dire de <em>Abraham Lincoln&nbsp;: Vampire Hunter<\/em> (2010) dans lequel Seth Grahame-Smith r\u00e9invente une fausse biographie du pr\u00e9sident des USA b\u00e2tie \u00e0 partir d\u2019un pr\u00e9tendu journal intime r\u00e9v\u00e9lant l\u2019\u00e9pouvantable secret de sa vie, une chasse aux vampires\u2009!<\/p>\n\n\n\n<p>Ce total abandon de la v\u00e9racit\u00e9 ne peut \u00e9videmment se faire qu\u2019avec la complicit\u00e9 du lecteur, lequel trouve en la fausse r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un faux secret historique un int\u00e9r\u00eat suffisant pour en accepter les invraisemblances. Notre temps, il est vrai, affiche une regrettable tendance \u00e0 la d\u00e9nonciation d\u2019un pr\u00e9tendu complotisme le privant des v\u00e9rit\u00e9s essentielles\u2009!<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman historique peut enfin \u2014&nbsp;et au contraire&nbsp;\u2014 vouloir s\u2019ancrer dans l\u2019Histoire avec un total respect de sa r\u00e9alit\u00e9, telle que reconnue en cet instant t. Le propos sera de chercher dans le formidable et presque infini corpus du pass\u00e9, l\u2019\u00e9v\u00e9nement oubli\u00e9 ou peu connu, tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une \u00e9poque particuli\u00e8re, et dont la post\u00e9rit\u00e9 a d\u00e9form\u00e9 le souvenir, voire l\u2019a mis purement et simplement sous le boisseau. La raison de ce maquillage ou de ce silence est toujours grandement propice \u00e0 la d\u00e9marche romanesque.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur alors s\u2019astreindra \u00e0 coller au plus pr\u00e8s de la connaissance historique en s\u2019appuyant sur une solide documentation. Les \u00e9cueils seront alors, d\u2019une part, le risque de tomber dans le didactisme de la le\u00e7on d\u2019Histoire, d\u2019autre part de laisser, \u00e0 force de scrupules, le souci du r\u00e9el entraver l\u2019imagination.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, le romancier s\u2019efforce de rendre la vie au pass\u00e9, en subordonnant son imaginaire aux exigences de l\u2019historique, mais sans se rien refuser d\u00e8s lors qu\u2019en sa reconstitution il n\u2019entache pas la vraisemblance.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que, dans <em>Les Piliers de la Terre<\/em> (1989) Ken Follet restitue un xii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle parfaitement cr\u00e9dible, fruit de recherches approfondies, anim\u00e9 par des intrigues et des personnages fictifs tout \u00e0 la fois passionnants et mis au service de la v\u00e9rit\u00e9 historique. M\u00eame exigence chez Camus dans <em>La Peste<\/em> dont le propos philosophique \u00e0 valeur universelle s\u2019appuie sur un contexte historique bien pr\u00e9cis \u2014&nbsp;la peste bubonique \u00e0 Oran dans les ann\u00e9es&nbsp;1940&nbsp;\u2014 en restant fait fid\u00e8le \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. On peut sentir ce m\u00eame souci d\u2019exactitude chez Stendhal dans <em>La Chartreuse de Parme<\/em>, ou encore chez un Tolsto\u00ef dans <em>Guerre et Paix<\/em> pour lequel il s\u2019est contraint \u00e0 un travail d\u2019enqu\u00eate tr\u00e8s fouill\u00e9 pour respecter la v\u00e9rit\u00e9 des hommes et des faits. Mais sans pour autant se priver d\u2019exprimer sur eux un avis personnel parfois \u00e0 rebours de l\u2019id\u00e9e admise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, si le romancier s\u2019oblige \u00e0 respecter le fait ou le personnage qu\u2019il interroge, il peut cependant \u2014&nbsp;il le doit m\u00eame pour ne pas tomber dans le journalistique&nbsp;\u2014 cr\u00e9er la situation qui lui permettra de donner \u00e0 juger, voire \u00e0 proposer un point de vue qui ne soit pas celui de la pens\u00e9e dominante, notamment par le truchement d\u2019un personnage qu\u2019il fera r\u00e9agir en ce sens. \u00c0 condition bien s\u00fbr de ne pas donner \u00e0 cet \u00e9l\u00e9ment de contestation la place essentielle de l\u2019intrigue, au risque de pencher vers la propagande et le br\u00fblot. On n\u2019en est pas loin dans certains passages de <em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em> de Zola, lorsqu\u2019apr\u00e8s la d\u00e9faite de 1870 il d\u00e9nonce violemment par la bouche de ses personnages la totale faillite du gouvernement et de l\u2019\u00c9tat-Major.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en effet une autre libert\u00e9 du romancier \u2014&nbsp;mais une libert\u00e9 surveill\u00e9e&nbsp;\u2014 que celle de son interpr\u00e9tation du fait ou du personnage. L\u2019\u00e9cueil demeurant alors l\u2019invraisemblable, l\u2019inacceptable, l\u2019injuste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sans aller jusqu\u2019\u00e0 tol\u00e9rer la faute, il faut cependant admettre qu\u2019il est difficile pour un auteur de cacher ses sentiments pour tel ou tel personnage historique selon qu\u2019il l\u2019admire ou le d\u00e9teste. L\u2019Histoire tend alors \u00e0 s\u2019effacer derri\u00e8re le ressenti du romancier. Le Louis XVI de&nbsp;Michel de Saint-Pierre dans <em>Les Rois<\/em> a peu de choses \u00e0 voir avec celui de J-P Ohl dans <em>Le Roi<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est vrai pour un personnage l\u2019est aussi pour le fait historique \u00e0 propos duquel l\u2019auteur a parfois quelque peine \u00e0 cacher ses pr\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi d\u2019Honor\u00e9 de&nbsp;Balzac, \u00e0 la noblesse autoproclam\u00e9e qui, dans <em>Les Chouans<\/em>, m\u00eame s\u2019il d\u00e9nonce les exc\u00e8s r\u00e9ciproques, n\u2019en t\u00e9moigne pas moins d\u2019une indulgence nettement plus grande pour les insurg\u00e9s royalistes vend\u00e9ens, que pour les soldats r\u00e9publicains de la R\u00e9volution.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, si le romancier de l\u2019Histoire peut avoir certain mal \u00e0 ne pas laisser transpirer dans son \u0153uvre, la vision qu\u2019il a d\u2019un personnage ou d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, il arrive que son g\u00e9nie, par le truchement d\u2019un roman \u00e0 succ\u00e8s au retentissement durable, en vienne \u00e0 modifier durablement l\u2019opinion individuelle du lecteur, et m\u00eame au fil du temps, la m\u00e9moire collective. Jusqu\u2019\u00e0 donc en impr\u00e9gner ceux-l\u00e0 m\u00eames qui n\u2019ont pas lu l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui a lu <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>, int\u00e9gralement\u2009? Peu de gens. Or qui en ignore l\u2019existence et le plus gros du contenu\u2009? Personne. L\u2019\u0153uvre est devenue un \u00e9l\u00e9ment patrimonial dont chacun sait que, derri\u00e8re le nom de \u00ab&nbsp;Mis\u00e9rables&nbsp;\u00bb, les vrais h\u00e9ros du roman sont les mis\u00e9reux. Le xix<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle et sa R\u00e9volution industrielle ont engendr\u00e9 une mis\u00e8re populaire qui ne fut pas pire que celle de bien des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents, mais, par le truchement des mots, puis des images de multiples adaptations cin\u00e9matographiques et, plus r\u00e9cemment, le spectacle vivant d\u2019une com\u00e9die musicale, le roman a forg\u00e9 une conscience collective avide d\u2019un mieux-vivre que conditionne la lutte sociale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi le cas de <em>Germinal<\/em>, roman dans lequel Zola \u2014&nbsp;descendu personnellement dans la mine pour se mieux documenter&nbsp;\u2014 en sa peinture d\u2019un monde particuli\u00e8rement \u00e2pre, presque symbolique en sa lutte pour vivre et survivre, influencera l\u2019opinion dans son aspiration \u00e0 la justice par la lutte des classes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui vaut pour les personnes peut valoir aussi pour un personnage statique, fig\u00e9 dans sa masse monumentale de pierre et de bois, et auquel un roman, aujourd\u2019hui non lu par la plupart des gens, mais lui aussi popularis\u00e9 plan\u00e9tairement par le cin\u00e9ma et la com\u00e9die musicale, aura donn\u00e9 \u00e0 cet \u00e9difice inanim\u00e9 une \u00e2me propre et une pr\u00e9sence mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019un roman et ses avatars ont fait pleurer toute une plan\u00e8te lorsqu\u2019un incendie a ravag\u00e9 une \u00e9glise de France. Mais quelle \u00e9glise\u2009! <em>Notre-Dame de Paris<\/em>\u2009! Une g\u00e9ante par la taille, mais aussi et surtout par tout l\u2019univers qu\u2019elle \u00e9voque, historique, mais aussi fantastique et symbolique, n\u00e9 de la plume du romancier, et \u00e0 laquelle le r\u00e9cit a conf\u00e9r\u00e9 une dimension mystique capable d\u2019\u00e9mouvoir jusqu\u2019aux ath\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Puissance de l\u2019\u0153uvre donc. \u00c0 travers la r\u00e9surrection \u00e9crite, puis imag\u00e9e, d\u2019un pass\u00e9 recr\u00e9\u00e9 plus ou moins conform\u00e9ment \u00e0 sa r\u00e9alit\u00e9 historique. Et d\u2019une histoire parfois fort lointaine, puisqu\u2019\u00e0 l\u2019occasion allant puiser ses sources dans une pr\u00e9-histoire\u2009!<\/p>\n\n\n\n<p>Rosny a\u00een\u00e9, quant \u00e0 lui, a descendu dans le gouffre historique de la Pr\u00e9histoire pour y situer <em>La Guerre du feu<\/em>. Dans une perspective progressiste qui est souvent celle du roman historique, donnant \u00e0 lire r\u00e9trospectivement des d\u00e9buts de la marche de l\u2019homme vers un devenir meilleur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s que son clan a vu d\u00e9truire la cage o\u00f9 couvait la pr\u00e9cieuse flamme, Naoh en sa recherche d\u2019un autre feu, va croiser des hommes dont la rencontre enrichira son exp\u00e9rience, son v\u00e9cu, son sens des valeurs. Il rendra le feu aux siens. Comme une promesse de progr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une d\u00e9marche oppos\u00e9e au r\u00e9cit pr\u00e9-historique, il s\u2019est trouv\u00e9 des romanciers pour pr\u00e9tendre interroger le post-historique. C\u2019est le roman d\u2019anticipation.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, un nom vient imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019esprit&nbsp;: Jules Verne\u2009! Et ses Voyages extraordinaires, cont\u00e9s au lecteur au travers d\u2019une soixantaine de romans. L\u2019auteur fran\u00e7ais le plus traduit dans le monde\u2009!<\/p>\n\n\n\n<p>On a fait de lui un visionnaire. Au moins peut-on en effet lui reconna\u00eetre un remarquable sens de l\u2019anticipation dans le domaine du progr\u00e8s technique. Citons le Nautilus, sous-marin \u00e9lectrique, la \u00ab&nbsp;phonot\u00e9l\u00e9phote&nbsp;\u00bb, notre visioconf\u00e9rence, la capsule spatiale, l\u2019hologramme, l\u2019\u00ab&nbsp;hibernation humaine&nbsp;\u00bb, notre cryog\u00e9nisation, entre autres trouvailles qui proc\u00e8de d\u2019une sp\u00e9culation \u00e0 partir de technologies naissantes, mais aussi, \u00e9tonnamment, d\u2019authentiques inventions dont plusieurs ont depuis vu le jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant le mot de visionnaire peut sembler davantage appropri\u00e9 \u00e0 ceux des \u00e9crivains qui, au-del\u00e0 du d\u00e9veloppement technique, ont propos\u00e9 des perspectives soci\u00e9tales totalement nouvelles, souvent angoissantes, dans des dystopies peu r\u00e9jouissantes et dont pourtant on a pu voir, h\u00e9las, se r\u00e9aliser certains aspects effrayants.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le cas de <em>Le Meilleur des Mondes<\/em> d\u2019Aldous Huxley (1932) qui propose pour les si\u00e8cles \u00e0 venir la vision d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 un \u00ab&nbsp;bonheur&nbsp;\u00bb totalitaire obtenu par la g\u00e9n\u00e9tique et la drogue dans un souci d\u2019ordre au d\u00e9triment de toute aspiration \u00e0 un bonheur individuel authentique. Si la dictature stalinienne et le \u00ab&nbsp;bonheur communiste&nbsp;\u00bb datant de 1929 avait pu influencer le propos d\u2019Huxley, il ignorait encore l\u2019\u00c9tat national-socialiste et sa totale soumission de l\u2019individu \u00e0 la collectivit\u00e9, dans l\u2019uniformit\u00e9, avec un contr\u00f4le social absolu par la propagande et le crime, et une perversion des valeurs humaines les plus fondamentales.<\/p>\n\n\n\n<p>Orwell, pour sa part, avait connu les horreurs de l\u2019hitl\u00e9risme lorsqu\u2019en 1949 il publie son <em>1984<\/em>. Peut-\u00eatre est-ce d\u2019ailleurs pour cela qu\u2019il situe sa dystopie dans un avenir plus proche. Le th\u00e8me ressemble \u00e0 celui de l\u2019ouvrage d\u2019Huxley, en ajoutant encore au totalitarisme nazi son Big Brother, sorte d\u2019entit\u00e9 conceptuelle \u00e0 la nature mal d\u00e9finie, exer\u00e7ant un contr\u00f4le absolu de la vie de chaque citoyen par une surveillance individuelle permanente, la manipulation et le mensonge, la totale d\u00e9shumanisation du corps social, annihilant de ce fait toute individualit\u00e9 et libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman historique peut donc prendre, \u00e0 l\u2019occasion, la forme d\u2019un outil pr\u00e9dictif tant il est notoire que certains r\u00e9gimes actuels ne sont pas loin de ressembler \u00e0 ce que propose Orwell.<\/p>\n\n<!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-241\" data-postid=\"241\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-241 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ren\u00e9 Bruneau&nbsp; Les Fran\u00e7ais aiment l\u2019Histoire. 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